Taubira, Christiane (1952-....)
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Biographie
Formation et carrière professionnelle
Née à Cayenne, Christiane Taubira est issue d'une famille éclatée — sa mère, Bertille, aide-soignante, morte à 49 ans, élevait seule ses onze enfants, dont cinq avec le père de Christiane, Georges Taubira, épicier à Cayenne, qui les avait abandonnés.
Elle est divorcée en 2002 du leader indépendantiste Roland Delannon après 20 ans de mariage, et mère de quatre enfants ; ils s'étaient séparés sur fond de crise politique, après qu'il eut constitué une liste dissidente à son épouse lors des élections régionales de 1998.
Titulaire d'un diplôme de troisième cycle en sciences économiques, d'une licence en sociologie et d'un certificat en ethnologie afro-américaine obtenus à Paris, elle a également suivi un troisième cycle en agroalimentaire du Centre français de la coopération agricole{{,}}.
Elle devient professeur de sciences économiques en 1978.
Cofondatrice de l'association agricole Caricoop pour la Guyane (Confédération caraïbe de la coopération agricole), elle en est la directrice générale de 1982 à 1985. Depuis 1990, elle est membre de l'Office de coopération et de commerce extérieur de la Guyane (OCCE-G), un organisme dépendant du conseil régional de la Guyane.
Parcours politique
Débuts militants comme indépendantiste et création de Walwari
Elle commence sa carrière politique en 1978 comme militante indépendantiste, notamment au sein du Mouvement guyanais de décolonisation (MOGUYDE), que son mari Roland Delannon a fondé en 1974. Elle dirige la revue indépendantiste Mawina. Selon Robert Chaudenson, {{citation}} Roland Delannon, avec l'aide de l'UTG, prépare un attentat contre les installations pétrolières de Guyane qui échoue (le complot de Noël). Il est alors arrêté le 13 décembre 1974 avec 12 autres personnes. Elle affirme qu'elle a alors été obligée de vivre en clandestinité{{,}}. Roland Delannon est emprisonné pendant dix huit mois et l'arrestation des 13 personnes impliqués dans l'opération déclenche une grève générale de la part de l'UTG.
Après l'arrivée de François Mitterrand à la présidence de la République en 1981, elle cesse le militantisme indépendantiste, constatant qu'il n'est plus soutenu par les Guyanais et fonde son activité professionnelle et devait signer un contrat de professeur-chercheur à l'Université du Québec à Montréal lorsqu'elle est sollicitée pour s'investir en politique. En 1993, elle cofonde avec son mari le parti Walwari et en devient présidente.
Députée de Guyane (1993-2002)
En 1993 elle est élue députée « non inscrite » de Guyane et vote, dans l'hémicycle, l'investiture du gouvernement Édouard Balladur. Elle intègre un petit groupe parlementaire, République et liberté. L'année suivante, elle est quatrième de la liste Énergie radicale menée par Bernard Tapie lors des élections européennes de 1994. En avril 1994, elle est observateur parlementaire aux premières élections multiraciales en Afrique du Sud.
À sa réélection en juin 1997, elle rallie le groupe socialiste, et se voit confier par Lionel Jospin un rapport sur la recherche de l'or en Guyane. En 1998, elle se sépare de son mari après que celui-ci s'est présenté contre Walwari aux élections régionales de 1998 sans l'en avertir, fatigué de l'hégémonie politique de son épouse. En 2014, elle exprime des remords dans la presse sur ce passage de sa vie.
Jusqu'en novembre 2001, elle est apparentée PS. Elle rejoint ensuite le groupe RCV (PRG-MDC-Verts-PCR).
{{Loupe}} Christiane Taubira a donné son nom à la loi française {{numéro}}-434, votée le {{date}}, qui reconnaît comme crimes contre l'humanité, la traite négrière transatlantique et l'esclavage qui en a résulté, jusqu'à l'abolition de l'esclavage. La loi prévoit également l'insertion de ces faits historiques dans les programmes scolaires et le développement des recherches scientifiques s'y rapportant. Une des conséquences de cette loi est la création d'une journée annuelle de la mémoire de l'esclavage, qui se tient tous les 10 mai.
La loi est critiquée car elle est considéré comme loi mémorielle se limitant à la traite européenne. Olivier Pétré-Grenouilleau, spécialiste de l'histoire de l'esclavage, a été attaqué en justice au nom de la loi Taubira parce qu'il rappelait que {{citation}}.
Candidate à l’élection présidentielle de 2002
En 2002, elle est la candidate du Parti radical de gauche à l'élection présidentielle avec une campagne axée sur l'« égalité des chances ». Elle obtient 2,32 % des voix au premier tour. Selon certains socialistes, cette candidature aurait contribué à l'éparpillement des voix « de gauche » et aurait été une des causes de l'échec de Lionel Jospin à accéder au second tour de l'élection présidentielle. Mais d'après d'autres observateurs, comme Jacques Séguéla, Christiane Taubira avait proposé une alliance à Lionel Jospin, qui n'aurait pas donné suite à cette demande.
Députée de Guyane (2002-2012)
Elle est de nouveau élue députée avec 67,22 % des voix le {{date}}, pour la {{XIIe}} législature, dans la première circonscription de la Guyane. Elle est apparentée au groupe socialiste. Tout en demeurant membre du parti guyanais Walwari, elle devient, après le congrès de Toulouse (septembre 2002), première vice-présidente du Parti radical de gauche, poste spécialement créé pour elle et supprimé au congrès de 2004. Elle est en tête de la liste « Europe fraternelle » du PRG aux élections européennes de 2004, dans la circonscription Île-de-France : cette dernière n'obtient que 1,54 %, et aucun élu.
En 2004, elle est condamnée par le conseil des prud'hommes de Paris pour licenciement injustifié et rupture de CDD « abusive » concernant son ancienne assistante parlementaire, et doit lui verser {{unité}}.
En 2006, elle considère que le nombre des immigrés clandestins expulsés de Guyane (7500 sur 50000) est dérisoire. En 2007, à propos de la minorisation des Guyanais de souche, elle déclare : {{citation}}
Le {{date}}, elle se déclare candidate à l'investiture du PRG pour l'élection présidentielle de 2007. Le 22 octobre, le PRG réuni en Congrès renonce à présenter une candidature, préférant un accord avec le Parti socialiste sur les élections présidentielle et législatives. Le {{Date}}, Christiane Taubira rallie l'équipe de Ségolène Royal, où elle est nommée « déléguée à l'expression républicaine ». Par la suite, lors de la campagne des législatives de juin 2007, elle déclare avoir été « approchée » par l'entourage de Nicolas Sarkozy « avant la fin de la présidentielle » pour faire partie du gouvernement, mais « avoir alors décliné l'offre ». Elle est réélue députée avec 63,41 % des suffrages le 17 juin 2007 pour la {{XIIIe}} législature, dans la Première circonscription de la Guyane. Elle est apparentée au groupe Socialiste, radical, citoyen et divers gauche.
En avril 2008, elle est chargée par le président de la République Nicolas Sarkozy d'une mission sur les accords de partenariat économique entre l'Union européenne et les pays ACP. Son rapport, remis deux mois plus tard, émet de lourdes critiques envers ces dispositifs, et formule des préconisations jugées audacieuses, mal reçues par l'Élysée, le chef de l'État n'ayant fait aucun commentaire.
Christiane Taubira est candidate, à la tête d'une liste divers gauche à l'élection régionale de 2010 en Guyane. Arrivée en tête des quatre listes de gauche en présence, elle conduit une liste d'union de la gauche au second tour. Le {{date}}, avec 43,9 % des voix, elle est battue par le maire de Cayenne, soutenu par l'UMP, Rodolphe Alexandre (56,1 %).
Le {{date}}, elle annonce son soutien à Arnaud Montebourg dans le cadre des primaires du Parti socialiste de 2011 pour l'élection présidentielle de 2012.
Garde des Sceaux, ministre de la Justice (depuis 2012)
projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe]].
À la suite de la victoire de François Hollande à l'élection présidentielle, elle est nommée pour la première fois au gouvernement le 16 mai 2012 en devenant garde des Sceaux, ministre de la Justice au sein du gouvernement Ayrault (dont 30 membres sur 35 sont issus du Parti socialiste). Dès sa nomination, elle est la cible des critiques de l'UMP et du FN, qui, en particulier après l'évasion d'un détenu lors d'une manifestation sportive opposant détenus et gardiens à laquelle elle assistait, lui reprochent du laxisme.
Après l'annonce du nouveau Premier ministre stipulant que tout ministre de son gouvernement qui se présente aux législatives et qui serait battu devrait démissionner, les médias annoncent que Christiane Taubira renonce à briguer un nouveau mandat parlementaire{{,}}.
Les premières mesures qu'elle désire appliquer sont une nouvelle loi contre le harcèlement sexuel et supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs pour garantir la spécificité de la justice des mineurs. L'annonce de cette suppression, prévue dans le programme du candidat Hollande, est qualifiée de laxisme par l'UMP, mais est favorablement accueillie par les représentants de l'USM, le syndicat majoritaire de la magistrature.
Au premier trimestre 2013, confrontée à une vague de départs, la ministre est contrainte de remanier son cabinet ; elle embauche ainsi l'épouse d'un proche de François Hollande, Bernard Rullier, conseiller chargé des affaires parlementaires à l'Élysée. Son prétendu compagnon serait également membre de son cabinet, mais cette information est vigoureusement démentie par les intéressés.
En tant que garde des Sceaux, elle porte le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, qu'elle qualifie de « réforme de civilisation ».
Lors des débats au Parlement, où elle est particulièrement présente, ses nombreuses prises de parole et son habileté suscitent le respect, plus que l'approbation, de l'opposition, qui avait pourtant fait d'elle une cible privilégiée lors de ses débuts au gouvernement, faisant de ce débat un « moment » particulier de sa carrière politique{{,}}{{,}}{{,}}. Le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe a été approuvé par l'Assemblée nationale en seconde lecture par 331 voix contre 225 (opposition) et 10 abstentions.
À l'été 2013, elle met en œuvre un projet de réforme pénale, qui voit notamment la création de la « contrainte pénale ». Si la garde des Sceaux considère qu'il s'agit de la fin du « tout-carcéral », certaines de ses prises de position ont donné lieu à des divergences avec le ministre de l'Intérieur Manuel Valls et à un « procès en laxisme » intenté par la droite. La loi est promulguée le 15 août 2014.
Un an plus tard, sa loi d’adaptation de la procédure pénale au droit de l’Union européenne fait l'objet d'une censure de 27 sur {{Unité}} par le Conseil constitutionnel le 13 août 2015, dont des mesures visant la lutte contre la pédophilie et le financement de l'aide aux victimes, considérées comme des cavaliers législatifs.
Lors de l'élection territoriale de 2015 en Guyane, elle figure en {{11e}} position sur la liste Walwari (section de Cayenne), qui recueille seulement 7,10 % des voix au premier tour{{,}}.
Elle est au centre d'une polémique, en décembre 2015, pour avoir annoncé sur une radio algérienne que le gouvernement français renonçait à l'extension de la déchéance de nationalité pour les binationaux convaincus de terrorisme alors que le Conseil des ministres du lendemain a maintenu cette proposition dans son projet de réforme constitutionnelle{{,}}.
